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La pollution digitale : vers le zéro déchets numérique

Avez-vous déjà jeté un coup d’œil sur votre boite mail ? Quel est le nombre de mails que vous recevez en permanence? Combien de mail vous avez dans la boite de réception ? Qu’en est-il de la corbeille, les mails envoyés, etc. ?

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous prie de faire un tour et regarder le nombre qui s’affiche sur votre boite, la totalité des mails que vous avez encore, que vous avez ouvert, mais qui sont toujours présents. Vous allez trouver certainement des milliers de mails qui traînent, et que des serveurs ont conservés pendant des années. Le pire, c’est que la plupart des mails sont du genre « découvrez les offres de la semaine ! »  Ou bien «les ventes flash et d’autres surprises ». Est-ce que vous savez que ces mails sont considérés des déchets que l’on produit ? Eh oui, ce sont des déchets numériques, qui consomment une énorme énergie et qui participent dans la pollution, c’est ce qu’on appelle la pollution digitale ou pollution internet.

Comprendre les déchets numériques

Nous effectuons chaque jour des tâches qui nous semblent simples, telles que naviguer sur un site Web, envoyer ou recevoir des e-mails, télécharger une application sur le téléphone, enregistrer un fichier sur son lecteur de cloud ou faire une recherche sur Google. Est-ce que vous savez que ces taches sont polluantes ? Pour réaliser une seule tâche, vous allez utiliser des données qui sont stockées et transférées à l’avance dans des Datacenter. Il s’agit des endroits contenant des serveurs qui traitent, stockent et conservent les données. Pour que ces centres continuent à faire leur tâche correctement, il leur faut beaucoup d’énergie et d’électricité (en général pour alimenter les serveurs, les refroidir et assurer un fonctionnement continu en cas de panne). Cette énergie libère énormément de CO2 et est responsable du réchauffement climatique (d’où l’appellation pollution digitale).

La pollution digitale en chiffre

Les recherches montrent que 2 % des émissions mondiales de CO2 proviennent des data-centers. C’est un chiffre énorme et qui continuera à augmenter.

Si l’on prend l’exemple des e-mails, un seul courrier électronique émet 10 g de CO2. C’est la même empreinte carbone d’un sachet en plastique. Si vous envoyez 100 mails en une année, c’est une tonne de CO2 émis, c’est aussi l’équivalent de 20 allers-retours Casablanca-Madrid en avion. Sans oublier les milliers de mails reçus et conservés dans votre boite mail, et sans parler des recherches effectuées sur internet. Voici quelques statistiques pour mieux visualiser le danger :

  • 2019 est l’année où le Net polluera plus que l’industrie de l’aviation civile (nous sommes fin 2019).
  • 10 % de l’électricité mondiale est consommé par internet et les data-canter.
  • 80 %: c’est le pourcentage d’e-mails jamais ouverts.
  • 126 813 600 000:  c’est le nombre de bouteilles contenant un litre de CO2 émis par heure à cause des courriels.
  • La consommation d’électricité due à la numérisation augmente de 8,5 % chaque année
  • En 2020, les réseaux IP mondiaux prendront en charge jusqu’à 26 milliards appareils et connexions, contre 16,3 seulement en 2015 (10 milliards de nouveaux appareils et connexions en 5 années) c’est énorme !

Réduire son impact digital et arriver au zéro déchet numérique en quelques gestes

Je mettrai le point sur les emails puisque nous avons vu ce qu’ils peuvent générer, et surtout parce que c’est facile. Tout le monde peut diminuer sa pollution internet en gérant correctement ses emails.

Il faut savoir que : se débarrasser de 30 mails permet d’économiser 24h de consommation d’une ampoule. Autrement dit, chaque 30 mails conservés dans votre boite représentent une ampoule allumée pendant 24 heures. Malheureusement, nos boites mail contiennent des milliers de courriels. Des mails capables d’alimenter des centaines de maisons en électricité.

Il y a presque une année, j’ai décidé de vider ma boite mail. J’ai été extrêmement choqué devant ce que j’ai trouvé, j’ai noté ces informations car j’ai su qu’un jour je voudrai les partager avec vous. Voici ce que j’ai trouvé :

  • Boite principale : 3000 mails dont 1008 jamais ouvert
  • Réseaux sociaux : 6912 mails dont 6228 jamais ouvert
  • Promotion : 7658  mails
  • Messages envoyés : 504 mails
  • Brouillons: 46
  • spam: 16
  • Corbeille: 1219 mails

Le nombre total des mails que j’avais dans ma boite est 18 780. C’est l’équivalent de 626 ampoules allumés 24h. Une seule personne consomme autant d’énérgie et d’éléctricité.

Pour cette raison, je vous sollicite de vider votre boite mail. Il faut surtout bien contrôler les mails que vous recevez. C’est facile !

  1. Commencez par nettoyer votre boîte de réception, supprimer définitivement vos anciens mails. Pour ce faire, il faut vider la corbeille, car c’est là où vont les emails supprimés de la boite de réception.
  2. Avant de supprimer certains mails, assurez-vous que vous n’allez jamais les recevoir. Il suffit de vous désabonner des newsletters que vous ne lisez jamais. Vous pouvez le faire vous-même manuellement comme vous pouvez utiliser des services gratuits tels que Cleanfox. Ce service internet pourra supprimer et vous désabonner des newsletters non-nécessaires en quelques clics.
  3. Évitez d’envoyer un courrier avec des fichiers lourds et privilégiez toujours les mails lèges. Si vous avez de grandes données à partager, vous pouvez utiliser des clés USB ou des disques durs externes.

Réduire son impact pollution Internet

  • Utilisez les favoris pour arrêter les requêtes inutiles lors de la recherche via le moteur de recherche. Vous pouvez ainsi accéder directement au site Web que vous voulez à partir des favoris.
  • Les mots-clés sont très importants. Au lieu de faire une recherche vague, utilisez des mots-clés précis afin d’obtenir les meilleurs résultats. Des statistiques montrent que cette méthode permet de réduire jusqu’à 5 kg par an des émissions de CO2 d’Internet.
  • Limiter l’utilisation du Cloud au maximum
  • Pour regarder des vidéos streaming, privilégiez la télévision.
  • Achetez du matériel informatique qui favorise les économies d’énergie, ainsi vous allez réduire votre pollution digitale.
  • Utilisez des moteurs de recherches qui respectent l’environnement. Par exemple, j’utilise Ecosia qui plante un arbre pour 45 recherches effectuées. Il existe d’autres moteurs de recherche ecofriendly.

Le site clickclean mis en place par Green peace dispose d’un rapport qui montre la consommation des géants de l’industrie digitale comme Facebook et Google. Il donne une note de A à F afin de montrer le moins polluant qui utilise une énergie verte, et les plus polluants.

Par exemple, nous trouvons Facebook noté en A, Netflix en D et Twitter a une mauvaise note qui est un F.

Vous pouvez même signer une pétition pour obliger Netflix à se tourner vers l’électricité verte.

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