femme porte des sachets de vêtements
Shopping,  Voyage

Focus sur le fast fashion et son impact environnemental

Voici un sujet qui parlera à tout le monde et que tout le monde aura un mot à dire dedans.

Voilà, j’ai décidé de commencer cette année en vous parlant d’un sujet très très intéressant, qu’on adore et que nous n’allons plus adorer par la suite. Je crois que l’on éprouve tous le même sentiment devant ces mots : shopping, fashion, soldes… !!! Qui ne rêvent pas d’avoir un dressing-room gigantesque ? Qui est-ce qui n’aime pas acheter des vêtements en période de solde chaque année ? Ou qui ne voyage pas pour faire du shopping en parallèle et prévoit deux valises pour ses nouveaux habits ? Oui, toi, moi, nous tous adorons consommer, acheter, avoir le choix, mais sans jamais se demander : quelle est la source de tous ces vêtements ? Quel est le processus de fabrication ? Comment ces marques arrivent-elles à fabriquer autant de vêtements rapidement ? C’est ce qu’on appelle ‘’fast fashion’’ ou mode rapide. Mais comment le fast fashion peut avoir une relation avec l’environnement ? Je répondrai à toutes vos questions.

Fast fashion : c’est quoi exactement ?

Fast fashion signifie tout simplement produire des vêtements « à la mode et bon marché », cela veut dire qu’on copie les grandes marques. On produit énormément de pièces parce qu’on va les vendre à un prix abordable, ce qui est fascinant. Ainsi, toute une population, hommes et femmes, vont être capables de porter des trucs tendances, ce qui n’était pas le cas auparavant.

C’est ce qui a fait le succès des grandes enseignes comme Zara, H & m, Gap, mais aussi d’autres marques chinoises comme SHEIN.


Un autre facteur est que le fast fashion ne demande pas autant de créativité et fait gagner du temps. Les grandes marques autrefois travaillaient plusieurs mois sur une collection qui sera lancée pendant toute la saison. Le fast fashion consiste à copier, produire plus pendant toute l’année, à un prix trop bas, en utilisant des matériaux de faible qualité.

Les enseignes ont ainsi répondu à un besoin dormant chez nous et ont créé de mauvaises habitudes pour générer des gains. On achète plus pour se sentir bien, on achète plus de vêtements de faible qualité pour avoir toujours du nouveau, on achète chaque jour les vêtements tendance portés par les stars pour ressembler à eux… on oublie que ça fait partie de leur job, parce qu’ils sont souvent affichés et on les paie pour le faire.

OK ! Je comprends que ça peut m’impacter directement et mon argent, me dites-vous, mais c’est quoi la relation avec l’environnement ? Je vais vous répondre, mais d’abord voyons les choses de près avec des chiffres.

Le fast fashion : aperçu sur le shopping actuel dans le monde

Les humains, qui habitent cette planète, achètent environ 100 milliards articles vestimentaires chaque année. Autrement dit, chaque personne achète un équivalent de 13 vêtements par an (il ne faut pas oublier aussi que les habitudes d’achat varient d’un pays à l’autre). La production et la consommation des vêtements a doublé au cours de cette décennie, et elle va augmenter dans les années qui viennent. On estime que d’ici 2021, la quantité d’articles produite va augmenter de 13 %, soit l’équivalent de 13 milliards articles vestimentaires de plus.

Cela veut dire que nous aurons tendance à acheter beaucoup plus. Et pour répondre à cette tendance, les entreprises prévoient une production de plus bien sûr.

Malheureusement, j’ai beau chercher, mais je n’ai pas trouvé d’informations sur les dépenses des Marocains en habillement, ce que je considère décevant.

Néanmoins, je vais vous rapprocher des dangers de ce mode de production et de consommation :

  • Autrefois, les entreprises de mode produisaient deux collections de vêtements par an. Mais ce n’est plus le cas. En 2011, la concurrence les a poussés à passer à 5 collections par an.
  • D’autres marques ne respectent pas cette règle. Zara offre 24 collections par an (soit 2 collections par mois). H & M propose entre 12 à 16 collections chaque année. Énorme, n’est-ce pas ?
  • Tous ces vêtements achetés sont portés quelques fois, puis jetés après la fin de leur tendance.
  • Ces vêtements finissent dans la décharge tout comme les autres déchets.
  • Chaque seconde, on jette ou on brûle un camion à ordures plein de vêtements dans une décharge.
  • 85 % des textiles sont mis en décharge chaque année.

 

Donc on produit plus, on achète plus, on gaspille notre argent, on jette plus, on pollue plus…

Vous arrivez à voir que c’est tout à fait dangereux. Tout comme le gaspillage alimentaire, il y a le gaspillage vestimentaire. Eh oui, le fast fashion impacte l’environnement.

Est-ce que vous êtes conscient que ce que vous portez est en majorité fabriqué en plastique ? Qui dit plastique, dit ressources épuisées, dit pollution. Polyester ou coton, les deux sont dangereux pour la planète. Et c’est ce que je souhaite vous expliquer.

Les raisons pourquoi vous n’allez plus voir les vêtements de la même manière :

L’industrie la plus polluante au monde c’est l’industrie du pétrole bien sûr. En deuxième rang, on trouve l’industrie de la mode. Eh oui, les vêtements que vous portez maintenant sont polluants et détruisent la terre. Quand vous allez partir pendant les soldes acheter des vêtements, vous allez participer à cette pollution.

Comment a-t-on pu classer les vêtements au même rang que le pétrole ? Tout est dans le processus de production. Voici ce que fait le Fast Fashion à l’environnement et aux gens bien évidemment.

1-     Gaz à effet de serre :

« L’industrie du textile représente 10 % des émissions mondiales de carbone. »

C’est beaucoup plus que les émissions du transport aérien (4 %)

2 facteurs sont la cause : la fabrication de ces milliards de vêtements et le transport.

Les vêtements que l’on porte sont constitués de fibres synthétiques (polyester, polymère thermoplastique, fibres acryliques, nylon…), les polymères par exemple contribuent à la durabilité du vêtement. Ces fibres n’existent pas dans la nature et doivent être synthétisées.  Le processus de fabrication des polymères libère des gaz comme le protoxyde d’azote, l’oxyde nitreux qui est un gaz très nocif et beaucoup plus puissant que le CO2. Imaginez alors la fabrication de 80 milliards d’articles dans le monde.




L’origine des ces fibres synthétiques est les combustibles fossiles, ce qui consomme énormément de ressource et d’énergie. Si l’on continue dans ce chemin, ces émissions de carbone vont passer de 10 % à 26 % d’ici 2050 (selon le rapport de la fondation Ellen MacArthur).

Là nous avons fabriqué et donc dégagé énormément de gaz. Mais il faut transporter les vêtements du pays de fabrication jusqu’aux autres pays (n’oubliez pas qu’il s’agit de vêtement made in china, Bangladesh, India). Il faut donc les distribuer dans d’autres pays, ce qui va également participer à la pollution et générer des gaz à effet de serre.

2-     L’eau

Comprendre comment le fast fashion pollue l'eau

L’eau est une source sacrée, car il contribue à la vie des êtres. Néanmoins, l’industrie du textile cause des problèmes majeurs : elle utilise des quantités énormes pour fabriquer des vêtements et elle pollue les eaux.

On fabrique nos vêtements à partir de coton. Pour cultiver le coton, on utilise beaucoup d’eau. Aussi, le processus de teinture du tissu nécessite une quantité d’eau considérable.

Cette teinture textile cause la pollution d’eau. On jette l’eau provenant du processus dans les rivières, les fossés ou les ruisseaux. L’une des rivières les plus polluées dans le monde est devenue ainsi à cause de ce que les entreprises de cette industrie jettent dedans. Il s’agit en général des lacs et des fleuves qui procurent de l’eau pour les habitants de ces régions (eau potable, pour le bain, pour les terres).

Pour vous rapprocher plus, voici ce que peuvent faire les vêtements que vous portez à la nature :

  • Pour fabrique un t-shirt en coton, il faut 2500 litres d’eau. Si tu bois 8 tasses par jour, cette quantité d’eau te suffira pour 3 années.
  • Une paire de jeans consomme 7600 litres d’eau, c’est ce que tu bois pendant 10 ans et plus. C’est énorme !
  • L’un des plus Grands Lacs dans le monde, la mer d’Aral est aujourd’hui asséchée à cause de la culture du coton.
  • 2 millions de piscines olympiques peuvent être remplies chaque année par l’eau utilisée dans le processus de teinture.
  • L’industrie de la mode est le 2e polluant d’eau dans le monde et responsable de 20 % de la pollution industrielle de l’eau.
  • Le fleuve Citarum en Indonésie et le fleuve Pearl en Chine sont aujourd’hui inhabitables pour les poissons et autres animaux à cause des produits chimiques que l’on déverse dedans.
  • Les habitants des régions polluées souffrent aujourd’hui de plusieurs maladies et sont victimes de cancer.

 

3-     Océans

Lorsqu’on lave nos vêtements fabriqués en fibre synthétique, 1900 microfibres sont libérées dans l’eau qui va dans l’océan. Il faut savoir que ces microfibres synthétiques ne se décomposent pas dans l’océan. Pourtant, ils vont être consommés par les petits poissons, qui vont être mangés par un plus gros, qui va finir dans nos assiettes.

  • chaque année, 500 000 tonnes de microfibres se retrouvent dans l’océan, c’est l’équivalent de 50 milliards bouteilles en plastique.
  • 35 % des microplastiques dans l’océan ont comme source le blanchiment textile synthétique comme le polyester. (rapport publié en 2017 par l’UICN)
  • Globalement, on estime que les micro-plastiques constituent jusqu’à 31 % de la pollution plastique dans l’océan.

4-     Forêt

Il existe des tissus qui sont à base de bois comme le rayonne, la viscose, le modal. On doit donc planter des arbres destinés par la suite à la fabrication. Pour ce faire, des milliers d’hectares de forêts anciennes et tropicales sont abattues chaque année. Ce qui menace l’écosystème ainsi que les communautés autochtones.

Maintenant, vous savez que les vêtements que vous portez sont dangereux.

Malheureusement, les solutions sont entre nos mains, il suffit de devenir conscient et de vouloir agir. Si nous arrêtons cette forte consommation, nous pourrons obliger cette industrie à produire moins.

Faites attention à ceci : grosse arnaque

Aujourd’hui, plusieurs marques utilisent des labels Green pour maquiller leur impact environnemental et cacher cette fatalité. Par exemple, on trouve McDo qui a changé la couleur de son logo du rouge et jaune au vert et jaune. Si vous allez sur le site d’h & m par exemple, vous allez trouver une collection de vêtements sous le nom de Conscious, la même chose pour Zara qui a créé une collection plus durable sous le nom de Join life.

Mais comment est-ce possible que ces marques qui créent énormément de vêtements, des dizaines de collections, qui polluent en utilisant des fibres, en produisant dans des pays en développement, qui menacent la vie des gens puissent oser se cacher derrière des appellations ?

Est-ce que vous connaissez le scandale qu’a connu Zara en 2013 ? On a  accusé la marque d’avoir eu recours au travail forcé dans des usines en Argentine. Elle faisait travailler les gens de 7 h du matin jusqu’à 11 h du soir sans pause. De plus, on faisait travailler des enfants. Pour répondre à cette accusation, Zara a dit que ces personnes considéraient l’entreprise comme leur famille et leur lieu travail était leur maison. LOL




Voici la composition de l’un des articles conscious de H & m Polyester 52 %, acrylique 38 %, laine 8 %, Élasthanne 2 %

Le polyester est d’origine recyclée. BOF ! Pour faire des milliards de vêtements et des dizaines de collections par mois. Qu’en est-il des autres matières ?

Je suis rentrée pour voir la politique de Zara pour join life, aucune phrase sur l’environnement.
Mais je sais une seule chose : une mode rapide ne peut jamais devenir éco friendly. Le fait de produire des milliers d’articles de vêtements et une collection par semaine ne peut jamais être éthique. Le principe est à la base non-éthique, alors arrêtez l’arnaque.

Conclusion

Maintenant, est ce que vous allez voir vos vêtements de la même manière ? Est-ce que vous allez courir pendant les soldes pour profiter des meilleures offres ?

Moi, non. Il y a deux années, j’ai pris cette décision de ne plus acheter que ce qu’il me faut. Le résultat, aujourd’hui, les soldes ne m’intéressent pas. J’achète un à deux articles par an, si vraiment je n’ai pas le choix et je suis contente de toujours porter ce que j’ai. Cela ne veux pas dire que nous ne devons pas faire du shopping, mais juste, soyons raisonable et évitons l’excès.

Au Maroc, il n’existe pas de marque écologiquement responsable, mais j’ai découvert qu’il y a des marques internationales éco-friendly et qui livrent partout dans le monde. Le prix des articles vendus peut s’avérer un peu élevé. Néanmoins, il s’agit d’un investissement à long terme et qui nous apprendra à acheter moins.

N’hésitez pas à partager votre avis en ce sujet avec moi. J’aimerai bien connaître vos expériences également, les commentaires sont faits pour ça 🙂

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